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Une ligne du temps pour comprendre comment on en est arrivé là
14 avril 2025
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DANS CETTE ÉDITION
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Avec toute cette folie boursière, on a cru bon de vous présenter une édition spéciale pour faire le point. Infolettre préélectorale au menu la semaine prochaine. - La rédaction
Le mélodrame ininterrompu des tarifs douaniers a poussé certains fans finis de Trump, dont Joe Rogan, à demander haut et fort : « coudonc, qu’est-ce qui est en train de se passer? » | UFC/ESPN+
LA FOLIE DU MOIS DE LA LIBÉRATION 2025
PARTIE I : COMMENT EN SOMMES-NOUS ARRIVÉS LÀ?
Prenons un instant pour regarder attentivement ce graphique… ce n’est PAS normal, la gang! On vient de traverser l’équivalent de plusieurs années de volatilité en quelques semaines à peine. Voici un résumé rapide de la folie qu’on vient de vivre.
(1) La partie plate en haut à gauche est le résultat de l’appel entre le premier ministre Mark Carney et Donald Trump le 28 mars qui avait semblé refroidir les discussions sur la guerre commerciale et le 51e État.
(2) Les marchés respirent pendant le week-end. Mais le lundi 31 mars, la Maison-Blanche déclare qu’il n’y aura « aucune exception » à l’assaut tarifaire de Trump et que le président dévoilera les nouveaux droits de douane pays par pays le 2 avril, alias le « jour de la libération ». Trump bluffe… n’est-ce pas?
(3) Jour de la libération! Trump ne bluffe vraiment pas, et il a les tableaux pour le prouver. Selon son plan, le taux effectif des droits de douane américains atteindra son niveau le plus élevé depuis un siècle. Les droits de douane imposés à la Chine sont très élevés (54 %) et ne manqueront pas de ralentir le commerce mondial.
(4) Le 3 avril, les marchés boursiers s’effondrent, donnant le coup d’envoi à l’un des pires krachs depuis la Deuxième Guerre mondiale. En deux jours, le S&P 500 chute de 10,5 % et le TSX de presque autant. La Chine riposte avec un contre-tarif de 34 %, et la semaine se termine avec des milliers de milliards partis en fumée.
(5) Dimanche soir, alors que rien ne laisse présager que Trump cédera et qu’on prévoit un autre mauvais quart d’heure sur les marchés, le milliardaire pro Trump, Bill Ackman, se met à pleurer. Il admet que, comme de nombreux fonds spéculatifs soutenant Trump, il pensait que le président finirait par agir de manière rationnelle. « C’est ma faute », écrit M. Ackman.
(6) Le lundi 7 avril, les principaux indices plongent (brièvement) en « Bear Market Territory », ou marché baissier. Puis, environ 30 minutes après l’ouverture, Walter Bloomberg, un mystérieux compte X qui republie généralement les dernières nouvelles, annonce qu’une pause tarifaire de 90 jours est imminente, ce qui déclenche une reprise instantanée de 4000 G$ US…
(7) ...qui s’évapore quelques heures après que la Maison-Blanche déclare que Walter avait tort.
(8) La Chine frappe à nouveau : 34 % de contre-tarifs? MONTONS ÇA À 84 %! À ce moment, même Joe Rogan et Dave Portnoy se retournent contre Trump. Elon Musk qualifie le conseiller commercial de Trump de « crétin ».
(9) Le 9 avril au matin, Jamie Dimon, banquier d’envergure chez JP Morgan, prédit une récession sur les ondes de Fox Business…
(10) ...et c’est visiblement ce qui persuade finalement Trump d’appuyer sur le bouton ANNULER. (La hausse du marché des obligations pourrait également avoir joué un rôle). Quelques heures plus tard, il suspend la plupart des tarifs douaniers pendant 90 jours, à l’exception notable de la Chine, pour qui les droits de douane sont de nouveau portés à 125 %. Le NASDAQ réagit avec sa plus grande reprise depuis 2008. Ackman fait l’éloge du plan « brillamment exécuté » de Trump.
(11) Le 10 avril, les actions chutent à nouveau lorsque la réalité s’impose : les États-Unis et la Chine semblent se diriger vers une guerre commerciale, les tarifs douaniers finiront par arriver et tout ce flou figera assurément les investissements.
(12) Trump capitule à nouveau. Il prévoit des exceptions à ses tarifs douaniers sur la Chine qui couvrent à peu près tout ce que les États-Unis leur achètent. Les trumpistes déclarent... victoire?
PARTIE II: ALORS, SOMMES-NOUS EN GUERRE (COMMERCIALE)?
Comme l’a écrit Joe Weisenthal de Bloomberg, la pause tarifaire de 90 jours de Trump équivaut à quelques pas nous éloignant du gouffre. Récapitulons donc la situation actuelle des tarifs douaniers (avant que Trump ne change encore d’idée) :
🇨🇦
Canada : une surtaxe de 25 % sur tous les produits hors-ACEUM, l’acier, l’aluminium et les automobiles, ainsi qu’une surtaxe de 10 % sur l’énergie et la potasse. Et attention au préfixe « sur » : ces droits de douane s’ajoutent à diverses taxes existantes. Ça représente un taux tarifaire effectif d’environ 12 % pour l’ensemble des produits, contre environ 3 % avant le retour de Trump.
🇨🇳
Chine : en incluant les hausses précédentes, les tarifs de Trump pour la Chine s’élèvent désormais à 145 % – un taux très élevé qui pourrait pousser les deux pays au bord du découplage. La Chine, en retour, a porté ses tarifs douaniers réciproques à 125 %. Les États-Unis et la Chine représentent ensemble 43 % de l’économie mondiale. Une récession pour l’un ou l’autre affecterait toute la planète.
🌎
Le monde : un tarif douanier de référence mondial de 10 %, soit 10 fois plus qu’avant l’entrée en fonction de Trump, faisant des États-Unis le pays industrialisé le plus lourdement tarifé. Les consommateurs américains paieront désormais un taux tarifaire effectif moyen de 25 %, le plus élevé depuis 1909. Les tarifs réciproques additionnels sont suspendus pour l’instant, et Trump s’est montré ouvert à négocier. (L’UE a aussi suspendu ses droits de douane réciproques). Mais Trump pourrait remettre les tarifs en marche à tout moment. Et même s’il ne le fait pas, les 90 jours seront vite passés.
PARTIE III : QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES DE TOUT ÇA?
Aucune banque ne s’est effondrée, aucune entreprise de premier ordre n’a fait faillite – pour l’instant. La grande crainte, c’est que l’effondrement du marché, combiné à l’incertitude persistante liée à la guerre commerciale, ait déjà déclenché une réaction en chaîne qui touchera tout le monde. Les études montrent que les ménages les moins aisés sont les plus durement touchés lors des krachs boursiers : ils sont les plus susceptibles de vendre leurs actifs, et les personnes qui vendent pendant les périodes de ralentissement ont tendance à encaisser la plus grande partie des pertes. Les grandes décisions (retraite) et les achats importants (maison) qui semblaient sûrs il y a un mois seront reportés indéfiniment.
Les investissements des entreprises et les intentions d’embauche au Canada stagnent déjà. Selon le spécialiste en macroéconomie Neil Dutta, un scénario de rebond rapide n’est plus envisageable, et ce, même si Trump continue de faire des concessions, comme le tour de passe-passe du iPhone. La chute des obligations pourrait aussi prouver une perte de confiance envers le système financier américain. Bref, plusieurs économistes considèrent maintenant qu’une récession mondiale est probable.
PARTIE IV : POSSIBLE DE NAVIGUER INTELLIGEMMENT UN MARCHÉ BAISSIER?
Bon, alors, qu’est-ce qu’on fait face à la tourmente tarifaire? Les dernières semaines donnent envie de vendre – même si ce n’est pas toujours la bonne chose à faire. De 1973 à 2022, le TSX a subi 15 périodes baissières, soit des baisses d’au moins 20 % (huit sur le plan mondial). Chacune de ces chutes avait des airs de fin du monde. Mais chaque fois, la grande majorité des actions se sont remises sur pied. C’est pourquoi l’adage boursier dit qu’avec un portefeuille diversifié, c’est généralement mieux de garder le cap à travers les tempêtes et de continuer d’investir régulièrement.
Par contre, il serait sage de consulter un·e spécialiste et de vérifier que votre plan d’investissement cadre toujours avec votre tolérance au risque.
—Devin Gordon et Sarah Rieger
L’INDICE FOMO
IMPORTANT
🇨🇦
Les entreprises canadiennes avec des noms américains (ex. Boston Pizza) ont peur d’aliéner leur clientèle. Canadian Tire en profite pour se rebaptiser « Très, très Canadian Tire ».
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⚖️
Weight Watchers sur le bord de la faillite - si seulement il existait une piqûre miracle qui donnait envie aux gens de se démener pendant des années pour atteindre leurs objectifs santé.
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🤖
Le Québec investit 11 M$ pour soutenir l’IA au sein des entreprises. L’hôpital Maisonneuve-Rosemont songe à ouvrir une aile d’urgence en intelligence artificielle.
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🎒
La tendance virale des figurines starter pack ChatGPT envahit la province. Jamais l’argument anti-IA n’aura résonné aussi fort.
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DROIT DANS LE MUR
PARTI POUR LA GLOIRE
🏒
Le nouveau joueur du Canadien de Montréal, Ivan Demidov, s’est entraîné pour la première fois à Brossard. On raconte qu’il y avait plus de partisans qu’au match du CF Montréal.
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🏭
Quelques entreprises chinoises encouragent leur personnel à travailler moins. Des rumeurs courent : on serait même prêt à aller aussi bas qu’un 40 h semaine.
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🎢
Universal Studios choisit Londres pour son premier parc d’attractions européen. Les manèges Harry Potter donneront enfin un peu de charme distingué à ce coin du monde là.
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🚿
Trump lève les restrictions de débit des pommeaux de douche. Il semblerait qu’aucune douche ne sera assez forte pour laver sa réputation.
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ON S’EN FOUT
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🗑️
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Nos collaborateur.trices cette semaine : Nicolas A Martineau (rédacteur français), Anne Laguë (traductrice), Cristina Marziale (traductrice), Anissa Botohely (responsable de la localisation du contenu), Ben Mathis-Lilley (rédacteur), Devin Gordon (rédacteur), Stacey Woods (rédactrice), Sarah Rieger (journaliste), Ambrose Martos (vérificateur de faits), Ciara Rickard (réviseure), Maude Campbell (réviseure), Sara Black McCulloch (vérificatrice de faits), Mohini Tailor (responsable du marketing du cycle de vie), Matthew Karasz (rédacteur des marchés) Jared Sullivan (rédacteur principal), Eva-Grace Clément-Cruz (chargée de production éditoriale), Peter Martin (rédacteur principal) et Devin Friedman (rédacteur en chef).
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