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Aussi : est-ce quâon surĂ©value la bourse?
4 mai 2026
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Dans cette édition
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80 secondes chrono
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La retraite de Rogers
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Canada + Bahamas
Les cartes Ă collectionner font un retour en force. | Upper Deck
La semaine sur les marchés
Saison des résultats : un résumé en 80 secondes
Dans les 80 secondes suivant la clĂŽture du S&P 500 mercredi soir, quatre des dix plus grandes entreprises au monde, Alphabet, Amazon, Meta et Microsoft, ont dĂ©voilĂ© leurs rĂ©sultats du premier trimestre coup sur coup. Et les quatre ont pulvĂ©risĂ© les prĂ©visions. Les analystes sâattendaient dĂ©jĂ Ă ce que les milliards investis dans les puces liĂ©es Ă lâIA et les dĂ©penses en capital fassent gonfler les profits, et on ajustait donc les prĂ©visions Ă la hausse depuis des semaines. La surprise, câest lâampleur des dĂ©passements et le fait que ça ne se limite pas aux gĂ©ants technos. Le secteur manufacturier (General Electric, Boeing), le secteur Ă©nergĂ©tique (NextEra Energy, Vertiv), et le secteur financier (CME Group, JPMorgan Chase) ont aussi contribuĂ© Ă pousser les rĂ©sultats globaux Ă environ 20 % au-dessus des prĂ©visions. Câest cette vague de profits, combinĂ©e Ă la conviction quâelle se poursuivra, qui alimente lâoptimisme pour la suite de 2026.
Cela dit, ces performances spectaculaires ne se traduisent pas automatiquement par une hausse des titres pour tout le monde. Ces gĂ©ants dĂ©pensent aussi Ă©normĂ©ment et les marchĂ©s semblent privilĂ©gier les entreprises qui prĂ©sentent un lien clair entre investissements et profits futurs, comme Alphabet (+10,3 %) et Amazon (+3,4 %), plutĂŽt que celles oĂč il reste plus flou, comme Meta (-9,3 %) et Microsoft (-3,5 %).
TSX :
+0,2 % (+6,3 % cumul annuel)
S&P 500 :
+1 % (+5,4 % cumul annuel)
đ En hausse : Intel, 26 ans aprĂšs sa chute presque fatale, a finalement dĂ©passĂ© son sommet de lâĂšre de la bulle Internet grĂące Ă la forte demande pour les puces. Le titre a terminĂ© la semaine derniĂšre en hausse de 114 % en cumul mensuel.
đ En baisse : Avis, lâentreprise de location de voitures devenue action-mĂšme, a dĂ©rapĂ© aprĂšs lâaccĂ©lĂ©ration dâavril survenue suite Ă une liquidation forcĂ©e qui avait fait bondir le titre de 440 %. Son PDG attribue cette volatilitĂ© spectaculaire Ă un seul fonds spĂ©culatif.
Le tableau de la semaine
Ce qui sâest passĂ© la semaine derniĂšre
Important
Lâargent dâici en vacances dans le sud. En plein cĆur de la (douloureuse) saison des impĂŽts, The Globe and Mail a publiĂ© un article sur les paradis fiscaux â ces fameux pays comme les Bahamas, la Barbade ou les Bermudes, oĂč les grandes fortunes et les grandes entreprises placent leur argent pour Ă©viter lâimpĂŽt. Les chiffres donnent le vertige : les finances publiques canadiennes se privent dâenviron 15 G$ par annĂ©e en recettes fiscales Ă cause des 682 G$ cachĂ©s dans ces abris. Ăa reprĂ©sente une hausse de 165 % depuis 2014. Le premier ministre Mark Carney a dâailleurs Ă©tĂ© critiquĂ© pour lâutilisation de ces paradis fiscaux par Brookfield lorsquâil en Ă©tait le patron.
Quâest-ce qui se passe vraiment chez Rogers? Lâentreprise offrirait des dĂ©parts volontaires Ă prĂšs de la moitiĂ© de son effectif, soit environ 20 000 personnes. Des analystes pointent vers lâIA comme explication facile. Mais, comme lâa rapportĂ© le Wall Street Journal, plusieurs entreprises devaient dĂ©jĂ corriger le tir aprĂšs la surembauche de la pandĂ©mie. Le vĂ©ritable enjeu pour Rogers, comme lâa reconnu rĂ©cemment son PDG Tony Staffieri, câest la difficultĂ© Ă attirer une nouvelle clientĂšle alors que le Canada rĂ©duit ses seuils dâimmigration. Au moins, lâentreprise peut compter sur une activitĂ© parallĂšle particuliĂšrement rentable.
Intéressant
La toile de fond du Fonds. On entend beaucoup parler du Fonds pour un Canada fort, un fonds dâinvestissement souverain Ă lâĂ©chelle fĂ©dĂ©rale qui viserait, en partenariat avec le privĂ©, Ă financer des projets dâenvergure au pays. On en sait peu encore sur les dĂ©tails de ce projet, mais on sait par contre que le gouvernement Carney empruntera 25 G$ pour la dotation initiale. Plusieurs se questionnent quant Ă la pertinence de lâinitiative et se demandent si ce ne serait pas un moyen, par exemple, de sĂ©curiser les investissements du privĂ© ou mĂȘme de donner plus de place au secteur pĂ©trolier. Bon coup financier ou marketing Ă la sauce patriotisme Ă©conomique?
â Abigail Covington, Cristina Marziale et Jenna Benchetrit
Lâindice FOMO
Important
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Claude supprime toute la base de donnĂ©es dâune entreprise en neuf secondes. Avec un peu de pratique, ça pourrait descendre Ă cinq.
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Un MontrĂ©alais dĂ©cide de colmater les nids-de-poule par lui-mĂȘme. Les cols bleus dĂ©posent un grief.
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Une version gĂ©nĂ©rique dâOzempic arrive au Canada. Vous pourrez consacrer lâargent Ă©conomisĂ© Ă nâimporte quelle envie qui nâa pas Ă©tĂ© aplatie par le mĂ©dicament.
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Taylor Swift veut que sa voix soit une marque dĂ©posĂ©e. LâIA tente de lancer rapidement son nouveau projet : The Life of a Showbot.
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Droit dans le mur
Parti pour la gloire
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Amazon propose maintenant des balados animĂ©s par lâIA pour parler de ses produits. Ne manquez pas le grand succĂšs : InspirĂ© par votre historique de navigation.
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Tinder sâassocie Ă Sam Altman pour certifier lâhumanitĂ© de celles et ceux qui lâutilisent en scannant leur Ćil. TrĂšs mauvaise nouvelle pour Stevie Wonder et Daredevil.
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Costco offre dĂ©sormais son fameux combo hot-dog avec de lâeau plutĂŽt quâune boisson gazeuse. Pour les jours oĂč vous voulez manger santĂ©.
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Carl Carmoni vend des compilations de ses birdies sur clĂ© USB. LâĂ©pisode spĂ©cial Rigolfeur dĂ©jĂ en rupture de stock.
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On sâen fout
De notre commanditaire
Lâhistoire capitale
La bourse est-elle officiellement surévaluée?
On dĂ©bat depuis prĂšs de 15 ans sur la valorisation des marchĂ©s. Les actions sont-elles surĂ©valuĂ©es par rapport aux bĂ©nĂ©fices des entreprises? Le dĂ©bat sâest enflammĂ© en 2022 quand la bulle IA a fait exploser les prix. Mais, malgrĂ© les nombreux cris dâalerte des oiseaux de malheur qui disent voir venir un gros, gros krach, les actions continuent de grimper.
Une rĂ©cente Ă©tude propose une explication. Quand on observe les prix Ă travers la lorgnette dâun indicateur populaire, les actions semblent trĂšs chĂšres. Mais quand on passe par le prisme dâun autre indicateur moins connu, les prix semblent raisonnables. Ou du moins, câĂ©tait le cas, jusquâĂ tout rĂ©cemment.
Le problÚme du ratio cours/bénéfice (RCB)
Le RCB est la formule vedette pour mesurer la valorisation. On sây rĂ©fĂšre souvent pour justifier lâargument de la surĂ©valuation boursiĂšre, notamment parce que le RCB du S&P est bien au-dessus de sa moyenne historique dâenviron 16,5 depuis des annĂ©es. Sauf que lâĂ©tude mentionnĂ©e plus haut dĂ©boulonne lâinfaillibilitĂ© du RCB. En effet, la fameuse formule se base sur les bĂ©nĂ©fices PCGR, une mesure comptable qui ne soustrait pas tout lâargent que les entreprises rĂ©injectent dans les manufactures et Ă©quipements. Câest-Ă -dire de lâargent qui ne trouve jamais vraiment son chemin jusquâaux personnes qui investissent.
Des annĂ©es 1950 Ă 1980, les Ătats-Unis et le Canada comptaient surtout des entreprises qui versaient des montagnes dâargent dans les manufactures et Ă©quipements. De quoi donner une impression de gigantesques bĂ©nĂ©fices et donc dâun bon RCB peu Ă©levĂ©. Sauf quâen rĂ©alitĂ©, ces entreprises rapportaient bien moins dâargent aux marchĂ©s que ce que leur RCB laissait supposer.
Toujours selon lâĂ©tude, le ratio cours/flux de trĂ©sorerie disponible (RCFTD) serait un bien meilleur indicateur de valorisation, puisquâil exclut les dĂ©penses en capital, comme les manufactures. « Câest une mesure de tout ce quâil reste aprĂšs dĂ©penses⊠ce qui sera versĂ© aux propriĂ©taires [et actionnaires] », a expliquĂ© Jonathan Heathcote, un des coauteurs de lâĂ©tude. Le RCFTD aide Ă comprendre pourquoi les actions des grandes entreprises nâont pas baissĂ© malgrĂ© le RCB Ă©levĂ© du S&P 500. En gros, les gĂ©ants dâaujourdâhui ont des bureaux remplis de cols blancs aux salaires Ă©levĂ©s plutĂŽt que de nombreuses grosses manufactures. Lâimportante masse salariale mĂšne Ă un RCB en apparence Ă©levĂ©, parce que les salaires, contrairement aux dĂ©penses en capital, sont une donnĂ©e centrale des bĂ©nĂ©fices PCGR. Mais ces entreprises gĂ©nĂšrent beaucoup dâargent pour les marchĂ©s. Câest pourquoi le RCFTD du S&P est restĂ© sous sa moyenne historique de 30 dans la derniĂšre dĂ©cennie. Comme quoi il ne serait pas surĂ©valuĂ© du tout.
Et lâIA dans tout ça?
RĂ©cemment, les gĂ©ants de la techno ont investi des sommes astronomiques dans les centres de donnĂ©es IA, les micropuces et les salaires, flambant par le fait mĂȘme une bonne partie de lâargent qui serait autrement retournĂ© aux marchĂ©s. Ăa explique pourquoi le RCFTD du S&P a finalement dĂ©passĂ© sa moyenne. Est-ce que ça annonce un krach? Pas nĂ©cessairement. Les giga-investissements en IA pourraient faire mousser les flux de trĂ©sorerie et donner lâimpression que le prix des actions est raisonnable. Mais on nâest pas rendu lĂ encore, et la pression ne fait que monter.
â Jared Sullivan
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La semaine sur les marchés : rendements affichés en monnaie locale, via TradingView.
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