BREF par Wealthsimple
✈️ Le transport aérien bat de l’aile
Jan 20, 2025
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Aussi : devrait-on exploiter plus nos sols? 20 janvier 2025 S’inscrire à l’infolettre | Afficher en ligne Une petite remarque : on espère que le contenu franco de BREF vous plaît! Si toutefois vous préférez lire TLDR, la version anglaise, vous la trouverez dans nos archives. DANS CETTE ÉDITION Lecture : 7 min 📰 Trump lance son meme coin ⛏️ Creuser encore plus? ⛽ L’Alberta se bat pour le pétrole Vous souvenez-vous de l’époque où prendre l’avion était une expérience de luxe? Nous non plus. Nous expliquons plus bas pourquoi certains des principaux transporteurs aériens semblent battre de l’aile. | Getty Images LA SEMAINE SUR LES MARCHÉS Deux événements intéressants se sont produits la semaine dernière, mettant en évidence le yin et le yang des marchés contemporains, c’est-à-dire leur côté « chasseur de tendances » et celui plus conventionnel. Le premier est la sortie des dernières données sur l’inflation aux États-Unis, qui a fait pousser un soupir de soulagement aux spécialistes. Une augmentation plus faible que prévu qui a entraîné de fortes hausses sur les marchés mondiaux. Puis il y a eu la nouvelle crypto de Trump, $TRUMP, que les gens se sont arrachée. Avec une capitalisation boursière à 9 G$ US, elle s’est rapidement taillé une place dans le top 20 des cryptomonnaies les plus valorisées dans le monde. Le yin et le yang des marchés, ce sont deux mécanismes : l’un qui reflète le vote populaire et les tendances passagères; l’autre, des éléments fondamentaux comme la promesse de dividendes et de rendement à long terme. La réaction des marchés aux derniers chiffres sur l’inflation reflète bien ce mécanisme conventionnel agissant à plus long terme. La montée en flèche de $TRUMP est quant à elle l’exemple même du mécanisme de vote populaire : la popularité peut avoir un effet réel sur la valeur, surtout si vous êtes en vedette pour les quatre prochaines années. LE CHIFFRE DE LA SEMAINE 135 C'est la durée de vie des chocolats Cherry Blossom au Canada. La compagnie Hershey a mis fin à sa production en raison de la concurrence croissante du marché et d’un intérêt déclinant (dégoulinant?) pour ce kitsch chocolat à la cerise. CE QUI S’EST PASSÉ LA SEMAINE DERNIÈRE IMPORTANT Les grandes compagnies pétrolières espèrent une exemption tarifaire. Est-ce réaliste? Le Canada est le premier fournisseur de pétrole des États-Unis, qui nous achètent environ 4,4 millions de barils par jour. La semaine dernière, la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, est revenue de Mar-a-Lago avec une prédiction inquiétante pour l’industrie : le pétrole ne bénéficiera pas d’une exemption tarifaire. Les actions pétrolières canadiennes ont chuté de 2,6 % à cette nouvelle, mais elles se sont rapidement rétablies et sont toujours en forte hausse depuis le mois dernier. Cette brève perturbation indique que : 1) la perspective de tarifs sur le pétrole effraie effectivement les marchés, mais; 2) les spécialistes, malgré leur mini-panique, soupçonnent toujours Trump d’être suffisamment égoïste pour ne pas frapper l’industrie pétrolière canadienne, car cela ferait grimper le prix de l’essence chez lui. Nous le saurons peut-être cette semaine! L’opinion controversée de la semaine : le Canada devrait exploiter davantage ses sols. C'est du moins ce qu’a affirmé le journaliste de Vancouver Vince Beiser dans l’émission The New Yorker Radio Hour. On ne s’attendait pas à ça d’un journaliste soucieux de l’environnement comme Beiser. Mais le monde aura besoin d’une grande quantité de métaux rares pour assurer la transition énergétique et les technologies du futur, et le Canada possède beaucoup de ces cailloux. D’après Vince Beiser, bien que l’exploitation minière soit fondamentalement destructrice, le Canada disposerait de normes plus strictes en matière de protection de la main-d’œuvre et de l’environnement que la Chine, qui domine actuellement l’industrie des terres rares. Une production canadienne accrue serait donc bénéfique pour le monde entier. L’INDICE FOMO IMPORTANT 🪫 Le Canada met fin à son programme d’incitatifs pour l’achat de véhicules électriques. Reste plus que notre conscience... et elle n'offre pas de rabais. Source ✅ LinkedIn ajoute l’icône « vérifié » aux offres d’emploi. Parfait pour être certain que le poste qu'on n'a pas eu était bel et bien vrai. Source 👏 Le Canada a créé 91 000 nouveaux emplois le mois dernier. Bienvenue à 91 000 adeptes du télétravail en devenir! Source 👟 Skechers prédit d’impressionnantes recettes de 10 G$ US d’ici 2026. L’entreprise remercie les 5 ans et moins et les retraités pour leur appui. Source DROIT DANS LE MUR PARTI POUR LA GLOIRE 🤖 L’assistant IA de Google est disponible dans les véhicules Mercedes. Les propriétaires peuvent désormais demander à leur voiture la meilleure façon de se stationner en double. Source 👚 Amazon abandonne l’offre « Essayez avant d’acheter » au profit de la précédente, appelée simplement « Achetez ». Source 🐔 Progresso lance des bonbons réconfortants à saveur de poulet et nouilles. Pour ceux qui trouvent que les pastilles donnent trop bonne haleine. Source 🛒 Walmart présente un nouveau logo presque identique à l’ancien. Le C.A. se sentait fou-fou. Source ON S’EN FOUT L’HISTOIRE CAPITALE VOYAGE Les compagnies aériennes canadiennes ne volent pas haut Considérant tout le brouhaha Trudeau-Trump, il est bien normal de passer à côté de l’actualité aérienne. On vous fait un résumé : Air Canada et WestJet, les deux plus grandes compagnies aériennes commerciales au pays, ont été nommées parmi les pires transporteurs du monde en matière d’annulations et de ponctualité en 2024. En moyenne, un vol sur 33 a été annulé par ces compagnies l’an dernier et leur taux de ponctualité frisait les 70 %. Des résultats qui font piètre figure, surtout comparativement au fer de lance de l’industrie, Delta, qui a annulé un vol sur 100 et a respecté les horaires d’arrivée 99 % du temps. Et cette réalité ne date malheureusement pas d’hier. Il faut noter que ce mauvais service n’est pas que contrariant, il est aussi néfaste pour le tourisme et le voyage d’affaires. Pour faire le point, nous avons demandé à John Gradek, ancien cadre chez Air Canada devenu analyste de l’industrie, de nous expliquer pourquoi les compagnies aériennes canadiennes continuent de scorer si bas. Pourquoi les compagnies aériennes canadiennes sont-elles si médiocres? Gradek et la plupart des spécialistes s’entendent pour dire que le plus gros enjeu est (roulement de tambour) le manque de concurrence. Canada et WestJet forment un duopole qui gruge près de 80 % du transport aérien national et récolte 95 % des profits de l’industrie. Aux États-Unis, c’est plutôt quatre grandes compagnies et plusieurs autres petits transporteurs qui se partagent le gâteau, faisant ainsi baisser le prix des billets dans les marchés clés. Air Canada et WestJet n’ont pas de vrais rivaux et peuvent donc se permettre de monter les prix et de balayer les plaintes sous le tapis. Ça explique en partie pourquoi Air Canada peut malgré tout se vanter de faire une rondelette marge de profit de 10,42 %, alors que la moyenne de l’industrie est d’environ 2,6 %. Le gouvernement est en grande partie à blâmer pour ce duopole, ayant permis tout un tas d’acquisitions en plus de décourager la concurrence à coups de frais accessoires salés pour les transporteurs. Toutefois, selon Gradek, il faut aussi souligner la vaste étendue géographique et la petite population du Canada. C’est nous, ou le service aérien s’est détérioré depuis la pandémie? C’est vrai. L’éclosion de COVID-19 a mené à des mises à pied et des licenciements généralisés. Puis, quand le voyage a repris du poil de la bête, WestJet et Air Canada ont embauché du personnel inexpérimenté pour combler plusieurs des postes laissés par les pros de l’industrie qui ont choisi en grand nombre de prendre leur retraite, de s’exiler ou de se recycler dans d’autres secteurs, mentionne Gradek. L’embauche de nouvelles personnes a aussi été compliquée, créant la formule parfaite pour une pénurie de personnel. Malgré tout, les compagnies aériennes ont continué de remplir les avions. Résultat : un cauchemar de retards et d’annulations. Que fait le gouvernement? En 2018, Marc Garneau, ancien ministre des Transports pour le Parti libéral, a mis sur pied le Règlement sur la protection des passagers aériens pour que les compagnies aériennes soient punies pour certaines inconduites, comme de ne pas éviter les retards contrôlables. La charte donne à la population canadienne le droit de demander aux compagnies aériennes des indemnités de 125 $ à 2 400 $. Les transporteurs ont rétorqué en soutenant que les retards liés à la pénurie de personnel étaient hors de leur contrôle et que les indemnités ne devraient pas s’appliquer . En 2022, l’Office du transport du Canada (OTC) a pourtant condamné Air Canada à payer, et a jugé que ces types de retards étaient bel et bien la faute de la compagnie. Mais vous vous doutez bien que l’histoire ne s’arrête pas là! Les transporteurs n’ont aucun incitatif à traiter efficacement les demandes; ça prend donc une éternité avant de recevoir une indemnité dans le cadre de ce règlement. Gradek estime que c’est plus de 80 000 personnes qui ont porté en appel leur refus d’indemnisation auprès de l’OTC. Le Bureau de la concurrence du Canada, sentant la soupe chaude, a été forcé de s’en mêler en lançant une étude de marché qui vise à savoir s’il existe « des magouilles au sein du marché », comme le dit si bien Gradek. Alors, comment faire pour encourager la concurrence? Pour le moment, les exploitants aériens étrangers ne peuvent offrir de vols intérieurs au Canada; une pratique connue sous le nom de cabotage. Les avions étrangers doivent entrer au pays, embarquer ou débarquer la clientèle, puis rebrousser chemin. Gradek croit que le gouvernement devrait permettre la présence « restreinte » de transporteurs étrangers sur certains trajets nationaux, disons Calgary-Vancouver, afin d’offrir plus d’options et de forcer nos deux géants nationaux à sortir de leur zone de confort et lutter pour gagner leur part de marché. —Claire Porter Robbins D’AUTRES HISTOIRES INTÉRESSANTES 🚍 Lion électrique : 700 actionnaires se disent lésés L’entreprise au bord de la faillite a exagéré l'ampleur de sa liste de clients | Radio-Canada 🤖 L’intelligence artificielle bouscule la vie en classe L’arrivée de l’IA générative a chamboulé le milieu des études supérieures | La Presse 🏠 Loyers : une augmentation salée s’en vient Le plancher proposé par le Tribunal administratif du logement pourrait atteindre 5,8 % | Journal de Montréal QUE PENSEZ-VOUS DE L’INFOLETTRE D’AUJOURD’HUI? J’adore Bien Bof Notre équipe cette semaine : Nicolas A Martineau (rédacteur français), Anne Laguë (traductrice), Cristina Marziale (traductrice), Anissa Botohely (responsable de la localisation du contenu), Ben Mathis-Lilley (rédacteur), Devin Gordon (rédacteur), Stacey Woods (rédactrice), Sarah Rieger (journaliste), Ambrose Martos (vérificateur de faits), Ciara Rickard (réviseure), Clare Douglas (réviseure), Sara Black McCulloch (vérificatrice de faits), Mohini Tailor (responsable, marketing du cycle de vie), Matthew Karasz (rédacteur des marchés) Jared Sullivan (rédacteur principal), Peter Martin (rédacteur principal), Kat Angus (directrice de la rédaction) et Devin Friedman (rédacteur en chef). Wealthsimple Media Inc. 80, avenue Spadina, 4ème étage Toronto, ON, M5V 2J4 Voir dans le navigateur Politiques de confidentialité Se désabonner BREF est publié par Wealthsimple Media inc. Son contenu est présenté à titre indicatif seulement. 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