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Aussi : votre cerveau vous joue des tours financiers
17 mars 2025
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Une petite remarque : on espère que le contenu franco de BREF vous plaît! Si toutefois vous préférez lire TLDR, la version anglaise, vous la trouverez dans nos archives.
DANS CETTE ÉDITION
Lecture : 8 min
🧠
Cerveau malcommode
🦫
RIP La Baie
🐘
Les fonds spéculatifs prennent la porte
Votre cerveau de l’âge de pierre nuit à vos investissements. On vous explique ci-dessous comment réfléchir un peu plus intelligemment. | TF1 Films Production
LA SEMAINE SUR LES MARCHÉS
Les fonds spéculatifs se ruent vers la sortie
Un tour de manège, ça peut être excitant, mais imaginez ne plus être capable d’en sortir. Après les montagnes russes de la semaine dernière, on en est maintenant à un mois de va-et-vient étourdissants pour les marchés. On connaît désormais les coupables : la confusion tarifaire, le scepticisme à l’égard de l’IA et le cirque Trump 2.0. Mais peut-être aussi un autre facteur important : « l’argent intelligent ». En particulier les fonds spéculatifs. Depuis deux semaines, on a remarqué un nombre sans précédent d’opérations de diminution des risques (vendre des actifs, généralement pour réparer une erreur). L’indice Goldman Sachs Hedge Fund VIP, qui suit les actions préférées des principaux fonds spéculatifs, a baissé de 8 % de plus que le S&P 500 depuis le début de l’année. Il semble que de nombreux grands fonds ont fait les mêmes mauvais paris sur les géants du Web et reculent maintenant tous en même temps « comme un troupeau d’éléphants essayant de se faufiler par la sortie de secours » a imagé un investisseur. La liquidation fait mal, mais c’est bon de savoir que ce qu’on appelle l’argent intelligent se trompe aussi parfois.
LE CHIFFRE DE LA SEMAINE
16
Le nombre de jours qu’il a fallu à l’indice S&P 500 pour passer d’un niveau record à une correction (souvent définie comme une baisse d’au moins 10 %). Ce renversement est la cinquième correction la plus rapide de l’histoire du S&P.
CE QUI S’EST PASSÉ LA SEMAINE DERNIÈRE
IMPORTANT
Le Journal de Montréal garde le fil (tordu) des annonces tarifaires de Trump. Si comme nous, vous peinez à démêler les menaces quotidiennes de Trump sur ses reculs et décisions finales, Le Journal de Montréal arrive à la rescousse. En gros, Trump a imposé des tarifs douaniers de 25 % sur l’acier et l’aluminium, de 25 % sur les produits canadiens non inclus dans l’AEUMC et de 10 % sur l’énergie et la potasse. Mais ses tarifs du secteur automobile sont en suspens (pour l’instant). Le Canada a réagi en imposant des droits de douane de 60 G$ sur des produits américains allant des ordinateurs à la porcelaine.
OK, mais les tarifs douaniers, c’est pas mauvais pour l’économie? Les spécialistes s’entendent pour dire que les tarifs se retournent généralement contre nous. Alors pourquoi le Canada joue le jeu? Est-ce un réflexe de fierté nationale ou une véritable stratégie? L’économiste Peter Spiro a exposé la logique dans un édito du Toronto Star : en rendant les imports américains plus chers, les produits canadiens bénéficient d’un avantage concurrentiel, et l’augmentation des ventes génère des recettes fiscales qui peuvent être utilisées pour stimuler notre économie (comme les 6 G$ d’allègement qu’Ottawa vient d’annoncer). Évidemment, si cette guerre commerciale s’éternise, elle pourrait causer des dommages permanents à notre PIB. Mais parfois, mettre ses limites et savoir dire non, ça fait du bien aussi.
INTÉRESSANT
La Baie pourrait ne pas souffler ses 356 bougies. Qui aurait cru qu’une entreprise fondée à l’époque des coureurs des bois pourrait avoir de la difficulté à s’adapter au commerce électronique… Les ventes de la Compagnie de la Baie d’Hudson (HBC) ont chuté de 14,5 G$ à 5,5 G$ entre 2016 et 2019. Puis, chassant la bonne affaire, une société américaine de capital-investissement a encerclé l’entreprise, l’a rachetée et s’est montrée plus intéressée par ses précieux locaux que par les magasins qui s’y trouvaient. Aujourd’hui, La Baie ne peut plus payer ses dettes et doit se restructurer pour éviter la faillite. Une fois de plus, HBC a bêtement vendu des biens immobiliers de premier ordre – la dernière fois qu’elle l’a fait, c’était il y a 150 ans, et ces terres ont fini par devenir le Canada.
L’INDICE FOMO
IMPORTANT
🤖
Une vaste étude révèle que les outils de recherche par IA sont exacts dans seulement 40 % des cas. Une petite recherche Google, elle, révèle que ce serait un gros 100 %.
Source
🛣️
Une partie de la forêt amazonienne rasée pour construire une autoroute en vue d’un sommet sur le climat. Dommage, tout le monde arrivera en jet privé.
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🦋
La population de monarques de l’Est a doublé l’année dernière. Les monarques de l’Ouest sentent la pression.
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🚗
Volkswagen ramène les commandes physiques pour des fonctions importantes de l’habitacle. Juste quand vous aviez enfin mémorisé le mot de passe pour les essuie-glaces!
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DROIT DANS LE MUR
PARTI POUR LA GLOIRE
☘️
Pénurie de Guinness en pleine Saint-Patrick. « Au menu : shots de Jameson et regrets », proposent les bars en contrepartie.
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🎶
Le Regina Folk Festival met la clé sous la porte en raison de difficultés financières. Bob Dylan propose de passer jouer une petite toune de guitare électrique si ça peut aider.
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🥖
Tim Hortons sert désormais du pain à l’ail. Parfait pour accompagner une bonne canne de Chef Boyardee.
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👅
Le bassiste de KISS, Gene Simmons, demande 12 000 $ US pour avoir le privilège de l’assister pendant une journée. Attention, tâches de démaquillage non incluses!
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ON S’EN FOUT
L’HISTOIRE CAPITALE
INVESTIR
Votre cerveau de Cro-Magnon vous pousse à perdre de l’argent : voici comment y remédier
Depuis l’arrivée des chèques de relance COVID, Monsieur et Madame Tout-le-Monde ont injecté de l’argent dans les marchés boursiers. On estime que le nombre de Canadiennes et de Canadiens qui investissent de manière autonome a doublé au cours des dernières années. D’un côté, c’est bon que plus de gens investissent directement dans les actions - c’est historiquement le meilleur moyen de faire fructifier son épargne. Par contre, des décennies de recherche démontrent que celles et ceux qui investissent de manière indépendante ont tendance à pécher par excès de confiance. En pensant avoir percé le mystère de la bourse, ils ignorent les risques et commettent des erreurs coûteuses. On se penche ici sur les causes de cet excès de confiance et sur les moyens d’éviter de tomber dans le piège.
C’est la faute de votre cerveau de personne des cavernes. Tous les êtres humains s’appuient sur certains raccourcis mentaux issus de l’évolution (méthodes heuristiques, pour les nerds) afin de comprendre le monde. Ils sont très utiles pour décider de se joindre ou non à d’autres homo sapiens qui fuient un ours. Mais face aux systèmes complexes de la vie moderne (bonjour, la bourse), ces raccourcis peuvent se transformer en biais cognitifs, ou modèles de pensée erronés. Voici quelques-uns des biais les plus courants qui affectent les personnes qui investissent :
Ancrage : on s’accroche à nos premières impressions de quelque chose (entreprise dont les actions étaient en hausse quand on a commencé à y prêter attention) même si on devrait changer d’avis.
Le troupeau : on part du principe que si tout le monde fait un certain choix, c’est probablement le bon. (surprise : ce n’est probablement pas le cas).
La mémoire sélective : on se souvient davantage de nos victoires que de nos défaites.
Trop c’est comme pas assez. Ensemble, ces biais forment la recette parfaite de l’excès de confiance. Des études révèlent que lorsqu’on pense avoir trouvé une action gagnante, on a tendance à : (1) trop négocier, (2) ne pas diversifier assez, et (3) investir massivement dans des entreprises connues avec des modèles d’affaires simples qu’on peut facilement comprendre. Et quand le marché baisse? L’excès de confiance pousse à (4) vendre à bas prix. Les hommes sont particulièrement enclins à être trop confiants, tout comme les personnes qui ont passé beaucoup de temps sur Google ou sur les blogues.
Évitez de présumer. Bonne nouvelle : pas besoin d’investir comme un gars qui pense tout savoir des aléas du marché après 10 minutes sur Reddit. Analysez un large éventail de sources fiables au lieu de vous fier à un seul point de vue. Et, pour l’amour de tout ce qui est juste et bon, restez profondément sceptique de tout ce que vous voyez sur TikTok et en ligne.
Choisir les bonnes actions, c’est difficile. Acceptez-le. Tellement difficile, que les pros battent rarement les principaux indices au fil du temps. Pour gagner au jeu de la sélection, il faut souvent ignorer les foules et les entreprises dont tout le monde parle déjà. Si les masses savent qu’une entreprise est formidable, ses actions seront chères, et elle devra vraiment surperformer pour donner de bons résultats. Pas une mince affaire. Souvent, pour obtenir des gains supérieurs à ceux du marché, il faut miser sur une opinion non consensuelle des actions qui dépasseront les attentes. Peut-être qu’une entreprise négligée profitera d’un changement important dans ses activités? Mais c’est difficile à prévoir. Même si vous avez vraiment confiance en votre opinion non consensuelle, envisagez de répartir un peu votre argent pour augmenter vos chances de miser sur un gagnant.
Et veillez à être en mesure de bien tolérer les baisses temporaires. En prenant trop de risque, on risque justement de vendre en panique, alors que les marchés sont voués à fluctuer. Investir en s’ancrant à certaines sécurités, comme un coussin en banque ou des actifs stables, ça permet d’éviter de laisser son cerveau préhistorique prendre le dessus.
—Ben Mathis-Lilley
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Nos collaborateur.trices cette semaine : Nicolas A Martineau (rédacteur français), Anne Laguë (traductrice), Cristina Marziale (traductrice), Anissa Botohely (responsable de la localisation du contenu), Ben Mathis-Lilley (rédacteur), Devin Gordon (rédacteur), Stacey Woods (rédactrice), Sarah Rieger (journaliste), Dan Xin Huang (journaliste), Ambrose Martos (vérificateur de faits), Ciara Rickard (réviseure), Clare Douglas (réviseure), Sara Black McCulloch (vérificatrice de faits), Mohini Tailor (responsable du marketing du cycle de vie), Matthew Karasz (rédacteur des marchés) Jared Sullivan (rédacteur principal), Eva-Grace Clément-Cruz (chargée de production éditoriale), Peter Martin (rédacteur principal) et Devin Friedman (rédacteur en chef).
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